• jjsibilla

Vladimir Maïakovki (1894-1930)

Dernière mise à jour : mai 27

(1)

Le nuage en pantalons

(chanté par Anna Prucnal)


Votre pensée qui se prélasse

dans une cervelle...molle

comme un laquais...gras

sur une couchette...sale,

Je la harcèle avec un lambeau

sanglant de mon coeur.

Je me gausse de vous,

avec insolence et aigreur.


Refrain

Dans mon âme,

pas un cheveu blanc,

aucune douceur sénile;

écrasant le monde sous le tonnerre de ma voix,

je marche beau j'ai vingt-deux ans


Jonglant avec les mots...

je m'arracherai l'âme

je la piétinerai pour l'agrandir

et je vous la donnerai

ensanglantée comme un drapeau.


Je ne crois pas en "Nice Fleurie",

je glorifie sans réserve

les hommes pourris comme des asiles

les femmes usées comme des proverbes.


Si vous voulez je serai ivre de chair ou

- comme un ciel changeant de tons -

je puis être, si vous voulez, l'incorrigible douceur,

non pas un homme, mais un nuage en pantalons.


Dans mon âme,

pas un cheveu blanc,

aucune douceur sénile;

écrasant le monde sous le tonnerre de ma voix,

je marche beau j'ai vingt-deux ans



Comme on dit l'incident est clos

la barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante.

Je suis quitte avec la vie


Soyez heureux.

Vladimir Maïakovski , 19 avril 1930


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(2)

Le nuage en pantalons (fragment)

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traduit par GABRIEL AROUT

LES EDITIONS DE MINUIT (1967)


Votre pensée

qui se prélasse

dans une cervelle

molle

comme un laquais gras sur sa couchette

sale,

je la harcèle

avec un lambeau sanglant de mon coeur.

Je me gausse de vous,

avec insolence et aigreur.


Dans mon âme, pas un cheveu blanc,

aucune douceur sénile;

écrasant

le monde

par la puissance de ma voix,

je me promène beau

et j'ai vingt-deux ans.


Vous les tendres,

vous parlez d'amour

sur des violons.

Ceux qui sont grossiers

préfèrent les cuivres,

mais aucun d'entre vous

ne sait comme moi

se mettre à l'envers

tout entier,

pour ne former

que des lèvres.


Je ne veux pas qu'on parle

de Nice fleurie,

lorsque se gausse de moi,

acerbes,

des hommes

fades comme des infirmeries,

des femmes

oblitérées comme des proverbes.

.................................................................................................

Si vous voulez

je serai ivre de chair

ou --

comme un ciel changeant de ton --

je puis être,

si vous voulez,

impeccablement doux,

non pas un homme, mais un nuage en pantalons.

Vous direz : on connaît ça,

c'est le délire de la malaria.

Non,

cela s'est passé,

cela s'est passé à Odessa.

<< Je viendrai à quatre heures >>

m'a dit

Maria.


Huit,

neuf,

dix.


Et voilà que du soir

j'entre dans la nuit,

quittant la fenêtre

maussade

comme décembre.


Dans mon dos voûté, j'attends le rire

hululant des candélabres.


Personne ne pourrait me reconnaître

en ce bloc énorme de muscles

qui se tord

et geint.


Que pourrait désirer ce bloc,

ce grand corps ?

Or

ce corps a beaucoup de besoins !

On a beau dire

qu'on est de bronze,

que notre coeur a le froid de l'airain,


la nuit on aimerait abriter son délire

dans du tendre,

du féminin.


Et me voilà

immense,

accoudé à la fenêtre.

Je fais fondre la vitre sous mon front brûlant.

Et je pense :

<< Aurai-je de l'amour ?

Peut-être

viendra-t-il, cet amour,

et il sera comment,

petit ou grand ?

Et il serait grand pour quelle raison,

dans un tel corps ?

Non, plutôt un amour minuscule,

bien sage.

Un amour timide, craignant les clacksons,

préférant les clochettes des équipage. >>


Des heures et des heures

encore et encore

face à face

avec le visage grêlé de la pluie

qui grimace,

immobile,

j'attends,

éclaboussé par le bruit

de la marée de cette ville...


Minuit, un couteau à la main

m'atteignit,

m'égorgea.

Bravo !

Bien fait pour ce lâche.

La douzième heure est tombée

comme sur le billot

une tête sous la hache.

Contre les vitres

les gouttes de pluie

s'étendent

en un rictus

comme les chimères

hurlantes dans la nuit

de Notre Dame de Paris .


Maudite !

Cela aussi ne te suffit donc pas ?

Bientôt mon cri va déchirer ma bouche.

Tiens, J'entends,

tout doucement,

à petits pas,

comme un malade désertant sa couche,

un nerf saute.

Et le voilà

qui va et vient,

tout doux doux doux

puis s'affole

vibre

et trotte.

A présent, ils sont déjà trois

à danser un infernal fox-trot,

comme des fous !


A faire tomber les platras

à l'étage en dessous.


Des nerfs

grands

et petits,

innombrables,

bondissent enragés,

et déjà

les jambes leur manquent, ils tremblent !


Et la nuit dans la chambre est comme un marécage.

L'oeil, alourdi, n'arrive pas à s'y faire un passage.

J'entends soudain claquer

les portes de l'hôtel

comme des dents

quand on a peur ou qu'il gèle.

Tu es entrée, Maria,

droite, comme si tu t'offrais,

froissant le daim de ton gant,

et tu as dit,

tranquillement :

<< Savez-vous, bientôt je me marie. >>


Ah ?

Eh bien,

c'est parfait !

Mariez-vous,

c'est une fin.

Je tiendrai le coup.

Je suis fort.

Voyez, je suis calme

comme le pouls

d'un mort.

Vous souvenez-vous,

vous parliez :

Jack London,

argent,

amour,

passion.

Et moi je ne voyais

que cela....

Vous êtes une Joconde

qu'il fallait voler

sans discussion.

Voilà !

Et on vous a volée.


A nouveau je sors du jeu

plein d'amour,

du feu de mes regards

Incendiant mon front.

Eh bien,

même dans les maisons brûlées

s'abritent parfois des clochards.

Vous riez ?

Vous croyez que c'est l'alcool que je cuve

et que je suis très loin de la folie.

Prenez garde,

souvenez-vous,

pour perdre Pompei,

il a suffi d'exaspérer le Vésuve !

Eh bien,

messieurs les amateurs

paisibles

de blasphèmes,

de crimes

et de carnages,

avez-vous jamais vu

rien de plus terrible

que mon visage

lorsque je suis

absolument

calme ?

Et que mon << moi >> est trop petit

et que quelqu'un d'obstiné

s'efforce d'en sortir.


Allo !

--- Qui parle ?

--- C'est vous maman ?

--- C'est moi.

--- Votre gars,

maman,

est admirablement malade !

Il a un incendie au coeur.

Dites à mes soeurs

Luda et Olga

qu'il ne sait plus où donner

de la tête.

Chaque jeu

de mots,

chaque plaisanterie,

que vomit sa bouche brûlée

bondit

comme une prostituée

par la fenêtre

d'un bordel

en feu.

Les gens flairent

le brûlé.

Et voilà qu'arrivent,

en casques

éclatants,

d'autres,

on les presse.....

<< Non, attends, pompier,

on ne peut ainsi écraser un coeur en feu

avec les caresses

de vos lourdes bottes

comme on fracasse

une porte.

Pas besoin d'eau.

Tout seul je roulerai les tonneaux

de mes yeux pleins de larmes.

Laissez-moi prendre appui sur mes côtes

J'en sortirai, j'en sortirai, j'en sortirai.

Je suis prêt. >>

Attention, alarme !

Tout s'écroule,

j'ai peur :

on ne peut sortir de son coeur.


Et dans le visage brûlé,

par la fente des lèvres

un petit baiser

carbonisé

est prêt à bondir.

Maman !

Je ne peux plus chanter mes litanies !

Dans la chapelle de mon coeur

l'autel est en flammes !


De mon crâne sortent

des formes brûlées

de chiffres et de mots,

comme des enfants

qu'on emporte

d'un immeuble, où le feu fait rage.

C'est ainsi que la peur

tendait vers le ciel

les bras en feu du Lusitania

faisant naufrage.


Vers les hommes tapis qui tremblent

de crainte et de honte,

dans la paix de leur chambre

un halo d'incendie aux mille regards monte.

O mon dernier cri,

toi, au moins, hurle

aux siècles futurs

que je brûle.





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(3)

LA NUE EMPANTALONNEE.

(Le nuage en pantalons )

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traduit par ARMAND ROBIN

AUX EDITIONS DU SEUIL (1949)



Votre pensée,

Qui sur votre cervelle amollie se tient songeante

Tel un larbin plein d'embonpoint sur une graisseuse

chaise longue,

Sur la saignante loque du coeur je vais la taquiner;

Mordant, impudent, je vais faire un grand banquet de

quolibets.


Chez moi dans l'âme pas un unique blanc cheveu,

Pas un seul cheveu de l'attendrissement des vieux !

Tonnerre étonnant le monde par la force de ma voix,

Je suis un splendide passant

Agé de vingt deux ans.


Vous, hommes de l'attendrissement,

Vous couchez l'amour sur les violons.

Les hommes du brutal sur les timbales le vont couchant.

Mais vous et moi, trop faibles, ne le retournons

De façon qu'il soit seulement lèvres, tout au long.


Venez vous instruire !

Du salon vient, toute en batiste,

La solennelle fonctionnaire de l'angélique ligue,


Laquelle,

Sûre d'elle,

Feuillette le livre des lèvres

Comme une cuisinière le culinaire livre.


Si telle est votre volonté,

A force de viande en enragé je me muerai !

Et

(Changeant, tel le ciel, de tonalité),

Si telle est votre volonté,

Irréprochablement tendre je me ferai :

Non plus un homme, mais une nue empantalonnée.


Je ne crois pas qu'existe une Nice de floraisons !

De nouveau je n'ai pour ma célébration

Que des hommes-hôpitaux qui trop longtemps furent

allongeaison

Et des femmes, comme dictons, usées jusqu'à la cordaison.


Vous pensez que c'est là délire de malaria.


Cela se passa,

A Odessa se passa.

<< A quatre heures je serai là >>, m'avait dit Maria.


Huit heures.

Neuf.

Dix.


Voici que même la soirée,

Entrant dans le nocturne effroi,

De la croisée s'en est allée,

Renfrognée,

Décembre pris de froid.


Dans son dos décrépit ricanent, hennissent

Les lampadaires.


Vous ne pourriez me reconnaître en cet instant :

La masse de nerfs

Les gémissements,

Crispements.

Que peut bien désirer un tel amassement ?

Las! l'amas a beaucoup de désirs.


Trop évident que pour soi pas d'importance

Qu'il y ait existence de bronze,

Que le coeur, ce soit ferraille froide !

La nuit nous vient envie d'avoir pour les tintinnabulis

L'abri

Du câlin,

Du féminin.

Et voilà

Que, moi-même massif amas,

Boule courbe contre la vitre,

Je fends de mon front le carreau de la fenêtre.

<< Y aura-t-il l'amour ou non ?

<< Amour de quelle dimension ?

<< Petit ou grand amour ?

<< Un grand amour de la part d'un corps si court !

<< Probablement un tout petit amour,

<< Une toute douce-douce amourette d'amour

<< Un amour qui de côté, quand une auto claxonne, se

jette,

<< Un amour pour les sonnettes des tramways à chevaux

pris d'amourette >>.


J'attends encore,

Pressé contre la pluie.

J'attends encore,

Mon visage sur le visage vérolé de la pluie.

Le ressac de la mer citadine m'éclabousse de son tonnerre.


Minuit, canif en mains, courant à toute force,

Rattrape,

Egorge :

<< A la trappe ! >>


La douzième heure est tombée,

Telle d'un échafaud la tête d'un condamné.

Sur les vitres les grises goutticules de pluie

Ont tordu leur hululis,

Construit en massif édifice leur grimacerie.

C'est comme si les chimères étaient hululis

Sur la cathédrale de Notre-Dame de Paris.


<< Maudite ! >>

Quoi ? même ce << maudite ! >> point ne suffit ?

Bientôt j'aurai des cris à mettre ma bouche en guenilles.


J'écoute :

Sans bruit,

Tel un malade quittant son lit,

Un nerf à terre saute.

Puis voici :

Pour débuter il a pris pied

A peine, grand'peine,

Puis courir il s'est mis,

Tout en contorsionnis,

Précis.

Et maintenant lui et deux autres comme lui

S'agitent comme claquettes en folie.


A l'étage du dessus s'est écroulé du crépi.


Les Nerfs

(Les Nerfs éminents,

Les Nerfs tout petits,

Le peuple des Nerfs)

Galopent, ont le tournis.

Et ça ne dure pas longtemps :

Sous les Nerfs défaillent leurs jambes

Tandis que s'enlise, s'enlise la lie de la nuit dans la

chambre

Et que les yeux appesantis de cette lie ne peuvent plus

se déprendre.


Brusques bruits de fer aux portes

Et tout l'hôtel semble mâchoire

Où dent sur dent sont claquetis !

Torturant des gants de chamois,

Apte comme un << Me voilà ! >>

Cette chose aux portes c'est TOI,

Avec ce dit :

<< Vous savez .... Je me marie ! >>


Très bien, Madame, mariez-vous !

C'est rien.

Puissamment je me tiens.

Regardez : je suis calme, calme tellement !

On dirai le pouls

D'un mort bien mort.

Vous vient-il pas ressouvenance

D'un de vos dits de jadis :

<< Argent, amour, passion, Jack London. >>

Pendant votre dit je vis

(Et seulement cela je vis)

Que vous étiez une Joconde,

Qu'il fallait voler la Joconde !

Or on a volé la Joconde.


De nouveau, fol amoureux, je vais me jeter dans les jeux;

Dedans la courbe de mes sourcils je vais mettre une aube

de feux.

Hé oui !

Même dans un logis tout détruit par l'incendie

Installent parfois leur vie des mendiants sans nul logis.


Vous êtes taquinante, Madame ?

<< Chez vous, dites-vous, les folies d'émeraude sont moins

<< Nombreuses que les sous dans la casquette du pauvre

du coin ? >>

Faites-vous---ressouvenante, Madame :

Pompei a peri

Le jour où sur le Vésube on répandit la taquinerie.


Hep !

Messieurs qui

Adorez les sacrilèges, qui

Etes amants des crimes, qui

Tant aimez les abattoirs, le pis

De l'effrayant, l'avez-vous saisi :

Mon visage quand

Je suis calme absolument ?


Et je perçois :

Le mien << moi >>

Est peu de chose de moi.

Un opiniâtre << autre que moi >> se fraye hors moi sa voie.


<< Allo ! qui

<< parle ?

<< Maman ? >>

--- C'est Maman !

--- Maman, votre enfant est malade magnifiquement.

Maman !

Il est malade d'incendie du coeur.

A Liouda, Olia, mes soeurs,

Dites qu'il n'a plus où s'ensauver avec sa vie.

Toute parole,

Toute drôlerie,

Qu'il crache hors sa bouche d'incendie assiégée

Est comme une prostituée nue qui

D'une maison publique en feu est jetée.


Toute une gent va en reniflant :

--- << ça sent le brûlé >>.

On fait venir.... qui ?.... je ne sais :

Des rutilants,

Avec des casques !

Inutiles, les bottes de géants !

Aux sapeurs-pompiers allez disant :

Sur un coeur montez non pas avec des casques, mais des

caresses !

C'est moi l'incendie :

L'amas de larmes dans mes yeux, je le vide en barrils.

Qu'on me permette sur mes côtes de m'arc-bouter :

Je vais sauter. Je vais sauter. Je vais sauter. Je vais sauter

Les pompiers à terre ont croulé.

On ne peut hors du coeur sauter.

Sur le visage tout brasier

Un géant baiser carbonisé

Hors la fissure des lèvres crevassées

S'élance, grandit en flammes.


Maman,

Je ne puis avoir de chant.

Dans le choeur du coeur les stalles prennent feu.

Embrasées, des figures de chiffres et de mots,

Hors les murs du cerveau,

Tels des bambins hors d'un édifice d'incendie,

Font le saut.


Ainsi l'effroi

De ne pouvoir aux nues accrocher les doigts

A suspendu

Les bras en flamme du Lusitania.


O mon dernier cri,

Quoi que soit ce que tu cries,

Gémis dans les siècles que je suis en incendie !




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(4)

Le Nuage en pantalon

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traduction française de Charles Dobzynski

Le TEMPS des CERISES (février 2011)


Prologue


Votre pensée

qui rêvasse sur un cerveau ramolli

tel un laquais adipeux, vautré sur une banquette graisseuse,

je l'exciterai par la loque ensanglantée du coeur

me moquant tout mon soûl, insolent et caustique.


Je n'ai pas un seul cheveu gris dans l'âme,

aucune tendresse sénile !

Le monde retentit qu'entonnerre ma voix

et j'avance - beau

de mes vingt-deux ans.


Délicats !

Vous couchez l'amour sur les violons,

les rustres le couchent sur les timbales,

Mais pouvez-vous comme moi retourner votre peau

pour n'être plus de haut en bas que des lèvres ?


Apprenez ceci :

digne employée de la ligue des anges

toute en batiste de salon.


Et vous qui calmement feuilletez les lèvres

comme une cuisinière un livre de recettes.


Si vous voulez,

Je serai tout de viande déchaîné

- ou bien changeant de ton comme le ciel, si ça vous chante,

je serai tendre, irréprochablement.

Non plus un homme, mais un nuage en pantalon !

Je ne crois pas à la Nice des fleurs.

Par moi de nouveau sont glorifiés,

les hommes chiffonnés comme un lit d'hôpital

les femmes élimées comme un proverbe.


* **

I


Vous pensez que divague la malaria ?


C'est arrivé

vraiment, à Odessa.


-- << Je viendrai à quatre heures >> avait dit Marie.


Huit.

Neuf.

Dix heures.


Et voici que le soir

pour l'angoisse nocturne

s'éloigne des fenêtres

assombri

décembral.


Les candélabres sont hilares

et hennissent dans mon dos décrépit.


On ne pourrait à cette heure me reconnaître :

masse noueuse, énorme,

qui gémit,

se convulse.

Cette masse, que peut-elle désirer ?

Tant de choses pourtant !


Il importe peu

que l'on soit de bronze,

que l'on ait pour coeur un morceau de fer,

la nuit on voudrait enfouir son propre tintement

dans du tendre,

du féminin.


Et me voilà,

énorme,