• jjsibilla

Les débuts du fugitif



J'ai abandonné l'espoir à côté d'un mécanisme d'horlogerie

Comme la hache tranchait la dernière minute

Il y avait un grand concours de peuple pour cette exécution capitale

Les enfants juchés sur les épaules

Faisaient de la main des signes de joie et de peur


Dans une autre rue au bord de la mer

La terre tournait dans l'air de la mer

Une fille qui chantait une scie

Montrait un peu sa peau plus douce que la vie

On tuait ferme dans tous les coins

Des chevaux évadés dans les ascenseurs

Riaient comme des personnes humaines

C'était un pays de blessures où soufflaient des vents dévorateurs

Les arbres s'y brisaient dans la main des hommes

Tant l'énervement était général

Comme de simples allumettes

Les gens sortaient de chez eux n'y tenant plus

Comment pouvez-vous revêtir vos habits de la veille

Mettez vos pianos sur le trottoir dans l'attente de la pluie

Est-ce que mourir un jour comme aujourd'hui ne serait pas une grande merveille

La ville où vous viviez la voilà qui s'éloigne

Toute petite dans le souvenir

Passez-moi les jumelles que je regarde une dernière fois

Le linge qui sèche aux fenêtres

Paradis tout est dispersé C'est l'heure

Où plus personne ne peut dire le nom de celui qu'il touche

Jusqu'à la senteur du soir enfin qui m'est étrangère

Comme le papier d'Arménie

Ou une chanson nouvelle que tout le monde connaît déjà

Rien ne m'attache ici pas même l'avenir

Il n'est pas né l'obus qui pourrait me contenir

Que le ciel est petit à la fin des journées

Ses horizons sont faux ses portes condamnées

La lune croit vraiment que les chiens vont la mordre

Je chasse les étoiles avec la main

Mouches nocturnes ne vous abattez pas sur mon coeur

Vous pouvez toujours me crier Fixe

Capitaines de l'habitude et de la nuit

Je m'échappe indéfiniment sous le chapeau de l'infini

Qu'on ne m'attende jamais à mes rendez-vous illusoires


"Le Mouvement perpétuel" - 1925.

























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