• jjsibilla

LES GRANDS JOURS DU POETE


Les disciples de la lumière n'ont jamais inventé que des

ténèbres peu opaques.

La rivière roule un petit corps de femme et cela signifie que

la fin est proche.

La veuve en habits de noce se trompe de convoi ;

nous arrivons tous en retard à notre tombeau.

Un navire de chair s'enlise sur une petite plage. Le timonier

invite les passagers à se taire.

Les flots attendent impatiemment plus près de Toi ô mon dieu.

Le timonier invite les flots à parler. Ils parlent.

La nuit cachète ses bouteilles avec des étoiles et fait fortune

dans l'exportation.

De grands comptoirs se construisent pour vendre des rossignols.

Mais ils ne peuvent satisfaire aux désirs de la reine

de Sibérie qui veut un rossignol blanc.

Un commodore anglais jure qu'on ne le prendra plus à cueillir

la sauge la nuit entre les pieds des statues de sel.

A ce propos une petite salière Cérébos se dresse avec difficulté

sur ses jambes fines. Elle verse dans mon assiette ce qu'il

me reste à vivre.

De quoi saler l'océan Pacifique.

Vous mettrez sur ma tombe une bouée de sauvetage.

Parce qu'on ne sait jamais.



C'est les bottes de 7 lieues cette phrase "Je me vois" - 1926.

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